La charge du pape contre les « millions de décès évitables »

Nacho Arteaga (Unsplash)

Le pape François a dénoncé le « gaspillage de chaque jour » que représente la « culture du déchet » dans son discours aux membres de l’Académie pontificale pour la vie le 27 septembre 2021. Il s’est alarmé de l’élimination, dans nos sociétés, de l’espoir porté par les enfants et les personnes âgées.

Le pontife recevait les participants de l’Assemblée plénière annuelle de l’Académie pontificale pour la vie dont le programme porte cette année sur la question de “la santé publique à l’horizon de la mondialisation”. Il est parti de la crise pandémique pour exprimer ses espoirs et inquiétudes sur ce sujet.

« Nous sommes victimes de la culture du déchet » qui déconsidère les plus faibles, a déploré le pape François, évoquant les « enfants que nous ne voulons pas recevoir », et qu’en conséquence, on « tue directement ». Le pape a regretté que l’avortement soit « devenu très normal aujourd’hui, une habitude très laide », ajoutant qu’il s’agissait vraiment d’un « meurtre ». 

« Et d’autre part, a affirmé le pape, il y a les personnes âgées, qui sont du matériel jeté, et ne servent à rien ». Il a dénoncé une forme d’ « euthanasie cachée » qui consiste à abréger volontairement la vie des personnes âgées en ne les médicalisant pas correctement pour des raisons économiques.

La santé mondiale au révélateur de la pandémie

Le 266e pape a souligné combien la pandémie avait révélé les inégalités en matière de santé dans le monde. S’il a une nouvelle fois salué l’engagement en faveur d’une distribution équitable et universelle des vaccins, il a regretté que les « millions de décès évitables » qui adviennent chaque année suscitent moins d’inquiétude et mobilisent moins de ressources et d’énergie. 

Le pontife a notamment cité les cas de la malaria et la tuberculose. Il a plaidé pour que l’épreuve traversée pendant la crise du Covid-19 par tous les pays fasse « prendre conscience de ce que signifie être vulnérable ».

Pour des soins gratuits

S’il a reconnu que « l’inflation de discours » engendrée par la crise pandémique peut donner envie de « passer à d’autres sujets », le pape François a appelé à « réfléchir calmement afin d’examiner en profondeur ce qui s’est passé ». Il a encouragé ses académiciens, pour une meilleur compréhension des faits, à privilégier une approche multidisciplinaire.

L’évêque de Rome a enfin loué les initiatives internationales telle que celle portée par le G20 pour une gouvernance mondiale de la santé. Sortant du texte de son discours, il a aussi déclaré qu’il « devrait toujours y avoir un système d’accès aux soins gratuit » et a encouragé les pays qui dispose d’une telle solidarité à la maintenir.

Camille Dalmas

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